Magnificat
Mes yeux se sont postés, un soir, sous ta fenêtre,
Les rideaux écartés et les battants ouverts.
Des heures j'ai songé, dans mes nuits solitaires,
Aux mots apprivoisés qui pareront ton être.
Mes yeux se sont postés, un soir, sous ta fenêtre,
Les rideaux écartés et les battants ouverts.
Des heures j'ai songé, dans mes nuits solitaires,
Aux mots apprivoisés qui pareront ton être.
Et les rayons de lune éclairaient ton visage.
Tu étais endormie sur un lit d'innocence.
Mes vers couvraient ton corps de draps chargés de sens
Et le marquaient déjà d'une passion sans âge.
Une nuée de mots volaient vers ton château,
Assiégeaient sans repos tes aimables murailles,
Soupiraient de désir au coeur de la bataille,
Puis couraient se noyer dans tes douves, tes eaux.
Je composais pour toi, fiévreux, dans ma chapelle,
Une musique d'orgue, un cantique païen.
C'est ce Magnificat que je mets dans tes mains,
Le moyen singulier de lancer un appel.
Oh Josy, je crains tant de t'aimer sans retour,
Peur que mon sang se fige, s'arrête à l'instant,
Peur de me consumer à n'être plus distant.
Ce feu qui brûle en moi porte pour nom l'amour.
Je ne sais pas comment contenir ma passion.
Il n'existe, je crois, aucune panacée
Capable d'apaiser le coeur ou le glacer.
Rien ne pourra jamais briser mes émotions.
Mes yeux se sont postés, ce soir, sous ta lucarne.
Entends-tu mes soupirs dans ton profond sommeil?
Ils sont plus forts encore que ceux de la veille.
Dors! Si tu te réveilles, je me désincarne.
Et les rayons de lune dessinent sur toi
Une robe d'argent d'héroïne de contes.
Laisse-moi devenir ou ton prince ou ton comte,
Que je joue pour de vrai ce morceau sous ton toit.
Mel.A@levillage.org
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