Quelle littérature idéalisante?
"Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie."
Poulain de la Barre
J’étais un peu consternée à la lecture de cet article. Tout d’abord, j’ai été frappée par le titre, volontairement provocateur : « Que cesse la tyrannie féminine ». Titre bien ironique au demeurant. Ensuite, j’ai feuilleté l’article, j’ai encore hésité. Etait-ce vraiment du second degré ? J’ai d’abord opté pour un article décalé et volontairement surréaliste. Je ne voulais pas le comprendre comme ayant un sens caché. Peut-être parce qu’après les propos les plus machistes, on a coutume de dire aux féministes qui objectent : « vous manquez d’humour, c’était du second degré ». Quand on nous insulte, il nous manque donc la superbe fibre humoristique, dont tout le monde est doté, sauf bien sûr les féministes. Ce manque d’humour explique pourquoi elle ne supportent pas que les femmes soient battues, que les Afghanes soient privées de tout, que d’autres soient violées. Alors qu’en fait, elles n’ont même pas compris qu’il s’agissait d’un numéro comique. Les conditions de vie des Afghanes, sont simplement une bonne farce qu’on voulu monter les talibans. Comme pour les usines de « Tintin au pays des Soviets », tout n’es que décor, tout n’est qu’illusion. Ils jouent les méchants, alors que dessous, ils sont gentils tout plein. Les féministes ont un petit pois en guise de cerveau, si elles ne comprennent même pas que ce qui se joue sous leurs yeux n’a rien de réel. Et dire que je fais partie de cette équipes de débiles mentales et de débiles mentaux qui se montrent aussi un peu paranoïaques sur les bords.
Mais revenons à l’article. En le lisant, on avait l’impression que l’auteur s’était métamorphosé en Chevalier des Grieux, le pauvre héros de l’Abbé Prévost qui eut à subir les infidélité de la perfide Manon. En voilà un exemple littéraire, qui traduit à merveille l’amoureux éperdu, éconduit, trahi, par Manon Lescaut. Des romans qui prêtent à la femme tous les vices ou les tournent en ridicule, la littérature aiment à s’en délecter ; on peut citer « Les diaboliques » de Barbey d’Aurevilly ou encore toute l’œuvre de Montherlant, sous oublier bien sûr « Les précieuses ridicules ». En parcourant la philosophie, on retrouve aussi foule de paragraphes, qui loin de flatter les femmes, les méprisent. Nietzsche n’admet pas l’idée qu’un femme puisse elle aussi accéder au rang de surhomme. Kirkegaard, dans son traité du désespoir, admet qu’une femme ne peut pas éprouver un désespoir pur et vrai, un désespoir libérateur. Elle pense toujours par le faux, selon lui. Madame de Staël rejette brillamment l’apologique des vertus guerrières, mais écrit : « Nul bonheur ne peut exister pour elles que par le reflet de la gloire et la prospérité des autres ». Nous sommes par ces exemples à cent lieues d’une littérature qui rend hommage aux femmes.
Néanmoins, certains auteurs, comme Stendhal, se penchent sur la condition féminine et livrent des témoignages bouleversants à ce sujet. Seulement, Stendhal s’excuse à l’avance d’aborder l’infidélité d’une femme (mariée à un homme médiocre) et après les aventures de Madame Bovary, Flaubert a dû affronter une cour de justice.
« Non : j’ai pu vivre dans la servitude, mais j’ai toujours été libre : j’ai réformé tes lois sur celles de la nature, et mon esprit s’est toujours tenu dans l’indépendance. » Montesquieu écrit ses lignes au XVIIIème siècle. Dans la dernière lettre des Lettres persanes, il réhabilite Roxane, la femme d’Usbek que le lecteur avait pris pour une veule. On voit la plus belle des femmes du sérail, celle qui en apparence se montrait la plus vertueuse et la plus calme, pleurer la mort de son amant et mourir par le poison. Elle relève aussi son courage et montre la révolte qu’elle dissimulait, les haines qui la brûlait, la passion de vivre qui la tiraillait.
Ainsi, si des écrivains ont attribué à la femme tous les vices, certains l’on traitée tout en nuance et avec un réalisme décoiffant. J’ignore ainsi quelle littérature peut lire le jeune homme type mentionné dans l’article duquel nous parlons. Qu’a-t-il lu, ce jeune homme prétenduement déçus par les femmes ? Quelle littérature idéalise la femme ? Baudelaire ? Certainement pas, les expériences amoureuses décrites dans « Les fleurs du mal » sont on ne peut plus malheureuses. A-t-il feuilleté Ronsard ? Ronsard, satyre déguisé en poète, semble plutôt montrer qu’il est à l’affût de chair fraîche, qu’il veut cueillir toutes ces dames avant qu’elles ne se fanent, qu’il veut uniquement se délecter d’elles. Où se trouve-t-elle cette littérature idéalisante ? Et surtout, de quel siècle date-t-elle ? Nous n’en saurons absolument rien, l’article commenté ne donne aucune référence.
medee@levillage.org
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