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n°163 - 25 octobre 2001 |
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| Rubrique société animée par Floriet |
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Honte sur la ville
Avant les élections présidentielles, chaque politique, quelque soit son rang, veille à ne pas commettre d'impair. Pourtant, le comble de l'administration qui suit vous démontrera une nouvelle fois que l'exception fait la règle.
Dans la commune de 27.000 âmes où je réside, un des derniers fiefs communistes de la région, on peut voir, depuis le 4 octobre dernier, sur les sièges des services de l'Aide Sociale ou devant un café chaud offert gracieusement par la Boutique Solidarité, parmi les sans domicile fixe résidents, l'Ecrivain Public de la Ville. Non pas qu'elle assure désormais ses permanences en ces lieux, elle a toujours un bureau qui lui est réservé dans les centres sociaux à cette attention. Elle a été victime des lenteurs de l'administration et s'est vue expulsée avec ses quatre enfants par un beau matin pluvieux d'octobre. On pourrait m'accuser de plagier Zola, pourtant la scène se passe bien au XXIème siècle.
Tout à commencer il y a deux ans. Après avoir changé de département de résidence, informé les organismes de son changement d'adresse, cette famille de cinq personnes pensaient pouvoir enfin poser ses bagages, sans ambages. Il n'en fut rien, la maladie passa par là et les dossiers administratifs n'ayant pas été mis à jour à temps, toutes les prestations se trouvèrent bloquées dans les méandres de l'administration sanitaire et sociale. Ainsi, sans salaire ni indemnités journalières, sans allocation familiale, la famille dû faire face aux créanciers et autres débiteurs avec pour seule défense, des promesses d'épuration des dettes s'accumulant, dès le rétablissement des droits. L'intéressée tenta de négocier seule pendant plusieurs mois jusqu'au jour où enfin, elle prit la décision de prendre contact avec les services sociaux, destinés en principe à intervenir pour sa sauvegarde. La seule motivation de cet acte est qu' elle n'avait plus d'autres solutions. Elle devait stabiliser le budget familial avant de subir à nouveau une intervention chirurgicale de la hanche, nécessaire pour résorber temporairement une usure de la tête fémorale, liée à des séquelles poliomyélitiques.. Les premiers contacts furent tendus mais à force de persévérance, la confiance s'est installée et enfin le réel travail a pu commencer. C'est ainsi que les droits ont été rétablis, les rappels versés et les paiements repris. De plus, cette femme qui avait parcouru de nombreuses fois les divers services de l'administration française, rempli un nombre incommensurable de formulaires inutiles et rédigé autant de courriers pour défendre son dossier, postula pour le poste d'Ecrivain Public, vacant sur la ville. La vie reprenait son cours sous un jour meilleur et la dette régressait de manière régulière. Malheureusement pas assez vite pour empêcher l'aboutissement d'une mesure d'expulsion qui avançait à grand pas. Sans perdre courage, elle suivit donc la procédure en déposant une demande de logement social et en rencontrant la médiatrice du service habitat de la commune. Pour chaque démarche entreprise, chaque courrier transmis, la mère de famille adressa une copie à tous les services assurant le suivi de son dossier, afin qu'ils soient toujours à jour. Malgré la fourniture d'éléments contredisant l'état de la dette présentée par le propriétaire au préfet pour appuyer sa demande, au Sous-Préfet, au Maire, puis au Député, le concours de la force publique fut accordé, sans qu'une proposition de relogement soit faite. L'avis d'expulsion lui est parvenu le 28 septembre et une éventuelle solution d'appartement lui a été faite le 29 septembre par courrier, à condition qu'elle dépose un dossier complet la veille de la commission d'attribution (à savoir le 2 octobre). Le dossier ayant été mis en attente de complément d'informations quant à un éventuel accord collectif (nouvelle disposition de la loi de lutte contre les exclusions dont personne ne connaît réellement la nature), la famille s'est éclatée : l'aîné chez un copain à l'autre bout de la région, la cadette, chez une amie et les deux benjamins maintenus ensemble pour mieux résister moralement ont été placés chez d'autres relations amicales. Notre Ecrivain Public partage donc aujourd'hui les bancs communaux, puisqu' aucune solution d'hébergement d'urgence, ni acceptable pour une femme ni lui permettant de poursuivre son activité professionnelle n'a pu lui être proposée.
C'est à se demander si les mots " Solidarité ", " Assistance " et " Respect " figurent toujours dans le dictionnaire de la langue française.
Si vous souhaitez en savoir plus sur la vie de ces administrés " pas comme les autres ", rendez-vous sur l'article " LA SAISON DES PAPIERS GRAS "
serket@free.fr
Pour en savoir plus
• la saison des papiers gras
Un autre regard sur la dureté de la société actuelle.
http://www.levillage.org/echo/133/1152.cbb
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RUBRIQUE société
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28 commentaires :
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Les promesses de l'administration, - Par dondelloro le 30 octobre à 11:45
| c'est comme le monstre du lock Ness.
Comme disait ma maman:frappe à la porte
de celui qui pleure,mais pas de celui
qui se vante(notre député maire).
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Répondre quelques idées si cela peut aider - Par Daniel schmitt le 28 octobre à 09:55
| tout d'abord il faut qu'elle puisse constituer un comité de soutien - liste avec des signatures
ensuite qu'elle prenne contact avec des députés pour qu'elle puisse être aidé par les politiques
enfin qu'elle écrive au préfet pour qu'elle explique qu'elle est victime d'un système à cause des lenteurs administratives ( le principe que l'usager est lesé et subissant un préjudice - sur ce même principe elle aurait pu faire reporter normalement son expulsion jusqu'à l'été )
Et comme le disait d'autres lecteurs pardon villageois qu'elle tente d'aller à la Télé dans une émission qui dénonce ce genre de chose l'émission de Julien Courbet - de Larue
Enfin puisqu'elle a un travail qu'elle se fasse aussi aidée par son syndicat.
Voilà - courage à elle et si on peut envoyer quelque chose ( du fric ) ce serait sympa de donner une adresse - on peut aussi par le comité de soutien ( trouver des fonds pour dépanner )
Je suis prêt à donner de l'argent
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Répondre L'homme face au monstre - Par cpocc le 28 octobre à 07:18
| Seul face à la pieuvre => perdu d'avance
Une chance possible : la pub
Elections obligent, plus on parle de ce qui dérange, plus cela a des chances d'obtenir des réactions.
Faire connaître un cas dans un forum est une chose, faire suivre en grande quantité, style pétition, un article aux divers médias peut faire s'agiter le bouillon.
Il manque pour cela une chose importante : le nom de la ville et l'accord de l'intéressée, car tout risque in errant à une action publique, c'est elle qui le prend en premier lieu. |
Répondre Dommage seulement - Par Médée le 27 octobre à 12:54
| | Dommage seulement qu'un article si bien documenté fasse si peu de commentaires, face à un autre, qui ne présente, ni chiffres, ni références, ni reflexion profonde; j'ai nommé "La tyrannie féminine". Nous avons vraiment besoin au sein de l'écho de journalistes aussi précis et conscientieux que toi. J'ai souvent remarqué que tes articles montraient une vraie recherche et un vrai souci d'information. Que certains en prennent de la graine! |
Répondre Marre de l'esprit fonctionnaire - Par Jean-Mich le 27 octobre à 11:01
| Cette histoire me met dans une colère noire. Car je suis sur que les fonctionnaires qui sont, par leur incompétence, négligence, lenteur, etc, responsables de cette situation, s'estiment mal payés et iront manifester dans la capitale à la première occasion, et que les agents de la force publique qui ont expulsé cette famille sont fiers de leur travail et pensent que la population les méprise à tort.
Et ils ont tous une excuse:
- je fais juste mon travail...
- je ne fais qu'appliquer la loi...
- j'exécute les ordre...
- c'est pas moi qui fait les procédures...
- etc.
l'excuse étant souvent précédée de "c'est pas mon problème" ou "ça ne me regarde pas".
Quand on pense, par exemple, que le fils de Mitterrand a touché des allocations de chômage pendant des mois, on se pose vraiment des questions... |
Répondre Honte sur la ville - Par djpierre le 26 octobre à 12:24
| C'est vrai que les réalités de terrain sont souvent là pour montrer que "tant qu'on est pas touché on s'en fou". Je vis également dans une municipalité de gauche et un département de droite et bien je dis que nous ne méritons pas nos politiques ! Ils ne sont plus là pour nous épauler dans les méandres administratifs. Pour ce qui est de l'ortaugrafe si on n'existe que si on a un salaire et qu'on ecrit sans fautes ; on ne peut que partir dans des extremes. Que l'on m'explique comment sauvegarder une démocratie quand en région, on vit libre en pâture aux seigneurs locaux à tous les groupes de pressions auquels on ne désire pas dire amen. Les conseils d'administration les associations les partis ont tout investi ... Quoi faire ?
Que la force soit avec vous Hobby One |
Répondre - Re: - par vis-la-joie le 26 octobre à 20:59
Aujourd'hui la solidarité ne touche plus grand monde, - Par pepeleniglo le 26 octobre à 10:27
| chez les politiciens pas plus que l'administration
soit dit bien veillante de nos droits!Je souhaite
beaucoup de courage a cette famille car devant
l'indifférence la solitude est dur a supporté. |
Répondre Bien écrit et tellement vrai. - Par jazzophile le 26 octobre à 10:11
| | Par contre Serket, fais passer ta copie aux correcteurs de service, par pitié. Il y a des fautes de frappes gênantes pour un article qui paraît à la Une et, pour info, on n'épure pas une dettes, on l'apure. Mais j'avais compris car les 2 verbes sont proches en signification |
Répondre Super, ton article - Par Gualda le 26 octobre à 10:02
| et si réaliste...
Ubu n est pas mort, loin de là ! Et il y a pléthore d exemples comme celui-ci ! Malheureusement, à part notre petite contribution personnelle, que pouvons ns faire ? |
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