L' OUVERTURE de la CHASSE
Ah ! les sales petites bêtes !
On ressentait depuis quelque temps comme un frémissement dans l'air. Une sourde agitation régnait dans les rangs des chasseurs...
Ces fervents adeptes de la traque impitoyable s'élevaient en particulier contre les modifications de leurs habitudes.
Selon leur tempérament, les plus calmes attendaient patiemment que la situation se régularise et prenaient le parti de s'adapter.
Les râleurs de tous poils employaient des arguments discutables pour justifier de leur bon droit.
Ceux de mauvaise foi utilisaient carrément la polémique, celle qui fait mal, qui détruit et ne fait rien avancer.
Il y avait bien quelques modérateurs par-ci par-là mais ils manquaient de cartouches.
C'était à qui soulèverait le plus gros lièvre. C'est moi qui l'ai vu le premier, lalalère... tu ne sais pas viser, si tu continues, je t'envoie du plomb dans les fesses.
Le jour de la chasse arriva enfin. Mes aïeux ! Ils déboulaient de partout, dans les commentaires, dans les rubriques, à la rédaction, au village, chez les reporters et comble de l'indignité, chez les correcteurs !
Avec un ensemble p@rfait (tu parles Max ?), chacun y allait de son tir, précis et dévastateur comme une kalachnikov. Ils avaient seulement transformé leur pétoire en fusil à tuer les fautes d'orthographe. Jamais on n'en avait tant entendu parler. Le Rédac-Chef se frottait les mains, il avait enfin réussi à sensibiliser ses troupes à l'invasion délirante, sur ses lignes d'écriture, de ces sales petits morpions.
Maintenant, à l'Echo ou dans le Village, on ne s'insulte plus normalement : "t'as fait une faute" est l'injure suprême, la honte, la dégradation à vie.
Cette controverse a bien occupé tout notre été. Le résultat dépasse nos espérances.
Continuons la traque mais avec l'élégance du verbe. Merde alors...
Victoire@netinfo.fr
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