La France étouffe nos génies
Nos talents servent le monde entier, sauf nous !
La France est reconnue mondialement pour son savoir-faire, dans quasiment tous les domaines. A noter que ce sont des Français qui ont conçu le premier micro-ordinateur, des Français qui ont imaginé l'Internet tel que vous l'utilisez à cet instant. La planète s'arrache ces créatifs, ces inventeurs. Mais alors, pourquoi ne travaillent-ils pas chez nous?
L'art de se faire voler la vedette
Exemple: DreamWorks, la société de Spielberg a elle-même reconnu le talent des Français dans le domaine cinématographique. L'entreprise n'hésite pas à construire des ponts d'or pour leurs futurs employés d'outre-Atlantique, réglant tous les frais et les assaisonnant d'un salaire mirobolant. Dans l'école des Gobelins à Paris, où l'on apprend l'art du dessin animé, le rêve commun des étudiants est de se faire engager par Disney ou DreamWorks. Les Américains, eux, ont bien compris l'intérêt d'engager nos artistes, vu les bénéfices qu'ils engendrent. Alors pourquoi cet exil ? Personne ici ne les retient, ceux sont donc les autres qui en profitent.
Idem pour les vins : aujourd'hui les vins californiens commencent à voler la vedette aux vins français, pourtant redevables des ceps importés par Jean-Louis Vignes en 1831. C'est un Français qui a relancé les Jeux Olympiques. C'est un Français qui a lancé la Coupe du Monde de football (bien qu'il ait fallu attendre un moment avant de la gagner!) Les exemples ne manquent pas. Et les plus tristes sont les fiascos dans le domaine informatique.
La France, mère du micro-ordinateur...
En 1998, François Gernelle a enfin gagné un procès de 4 ans contre André Truong. En jeu, le titre de « l'inventeur du micro-ordinateur ».
L'histoire: Gernelle rejoint Truong en 1971 au sein de la société R2E, une PME des Yvelines. En 1972, l'INRA sollicite l'entreprise pour bénéficier d'un système informatique transportable et puissant. Gernelle prétend qu'il va créer un calculateur performant pour la moitié du prix prévu. Il se met au travail, dirige 4 personnes, et finalement, le Micral N naît en 1973 à Châtenay-Malabry, dans une simple cave. Comme Steve Jobs, mais trois ans auparavant. Un journal américain utilise alors pour la première fois de l'histoire le terme « micro-computer » (micro-ordinateur), pour décrire la machine. Elle est certes rudimentaire, n'affichant que des diodes et des interrupteurs, mais pour l'époque c'est une révolution, et à bas prix : 8 450 Frs. Un système de cartes perforées en option permet de gagner du temps. La machine est également utilisée par certains péages autoroutiers et le Crédit Agricole.
La petite merveille intéresse les Américains, notemment la société Honeywell. Cela aurait pu être le début d'un grand succès à la Française. On propose 2 millions de dollars pour l'acquisition du Micral et de son logiciel "Prologue" pour les Etats-Unis. Truong, emporté par la folie des grandeurs, refuse et en réclame le double. Le patron d'Honeywell, mécontent, abandonne l'affaire. 3 ans plus tard, le Micral ne s'est vendu qu'a 1000 exemplaires, et l'arrivée de l'IBM PC l'achèvera en 1981. Aujourd'hui Gernelle regrette : «j'aurais pu être Bill Gates. C'est tout simplement qu'un jour de l'année 1975, nous avons raté l'occasion de fonder une start-up monumentale.» Sans aucune raison justifiable, le patron de Gernelle a ainsi empêché la France entière de profiter pleinement du succès de l'informatique.
...et de l'Internet.
J'ai encore récemment lu dans un commentaire de villageois que les Américains étaient en avance sur les Français, car, entre autres, ils avaient inventé Internet. Nous avons certes un train de retard, mais ce n'est pas la faute de nos informaticiens. Car la France, grâce à Louis Pouzin, peut se targuer d'avoir inventé les concepts qui régissent l'Internet d'aujourd'hui. Les Américains sont certes les créateurs du réseau Arpanet, dès 1969. Mais le système est extrêmement limité, très peu pratique, et constitué de quatre machines seulement. Le gouvernement français décide alors de développer cette idée.
Louis Pouzin s'entoure de quelques chercheurs de l'IRIA (Institut de Recherche en Informatique et en Automatique), et développe le projet Cyclades. Le système est prêt en 1973. Différent d'Arpanet, Cyclades est plus simple, permet le routage par zone (pour accéder à un site, on tape une suite de lettres), ainsi que le protocole de commutation par paquets qu'utilise l'Internet actuel. Les USA copient ces concepts, qui mèneront notamment au fameux TCP/IP en 1981. Pouzin fait une première démonstration de Cyclades devant le ministre de l'Industrie et le directeur des Télécommunications. En 1975, un prototype opérationnel fonctionne. Malheureusement, le gouvernement Giscard d'Estaing ne croit alors pas à l'informatique, et le ministre de l'Industrie délaisse Cyclades au profit d'un projet du Cnet (Centre National d'Etudes des Télécommunications), qui d'après Pouzin, est pourtant voué à l'échec.
C'est un choix purement politique. Plus personne ne veut financer Cyclades et le système meurt en 1978. Bien que subventionné, lui, le projet du Cnet n'ira pas bien loin non plus. Beau résultat. «Ce que je regrette, confie Pouzin, c'est qu'on ait gâché un marché. On a tout bazardé aux Etats-Unis alors qu'on était leaders.»
Ces quelques exemples parlent d'eux-mêmes. La France n'enfante pas des imbéciles, au contraire ses talents sont largement réputés. Tellement réputés qu'ils partent dans d'autres pays, considérés là-bas à leur juste valeur. Alors à qui la faute ? A vous de voir. Il serait certainement injuste de prétendre que nos esprits créatifs ne sont pas forcément des commerciaux, et que ceux qui possèdent le pouvoir, eux, sont pour la plupart des incapables.
p@®Fa!t
Les montres sont molles
mais les temps sont durs
p@rfait.jetaime.as
icq# 50927414
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