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n°154 - 23 août 2001 |
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| Rubrique société animée par Floriet |
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Les mangeurs d'ames: Realite ou mythe? (Suite)
La mort de Jean et de son Pere Raphael
Comment peut-on expliquer le départ brusque de quelqu'un après une visite de courtoisie? ou encore La mort à petit feu de quelqu'un qui saura que tout est accompli?
Quelques années plus tard, à l'age de 21 ans alors que je suis au Pays pour mes études, beaucoup d'évènements amers s'égrènent devant moi qui suis impuissant à reagir. En effet, mon père, ma mère, ma belle mère et quatre de mes frères rentraient au Pays pour une nouvelle aventure.Ils s'installeront dans le village paternel, Godyr qui signifie les maisons des champs. La vie suivait son train train normal. Jean, l'avant-dernier de la famille, vivait aux côtés de Maman Gniman avec Papa Raphael notre père. Quant à moi,je vivais avec l'aîné de la famille qui est dans l'armée. Nous profitions tous du maigre salaire de celui-ci. Mais les parents (les oncles et les tantes et les cousins) au village se sont mis dans la tête que l'aîné et moi travaillions comme des fonctionnaires et apportions quelques sous à Papa et Maman.Puisque nous vivons en ville. Ils ne comprendront jamais que vivre en ville n'est pas synonyme de riche. Mais comment leur faire comprendre celà ? Ils seront alors jaloux.
Je suis allé au village deux ou trois fois. L'on me parlait trés souvent des mangeurs d'âmes et des sadiques qui terrifiaient la population surtout les nouveaux et ceux qui ne connaissaient pas bien les villages. A chaque fois que j'y allais c'était avec la peur au ventre. J'avais très peur pour mes petits frères Jean et Narcisse. Quant à Papa, je me disais qu'il y était né et donc devrait mieux s'en sortir.Les jours passaient et avec eux de mauvaises nouvelles qui ne nous concernaient pas directement.Je venais de me réinscrire avec peine dans un autre lycée, cette fois-ci dans la capitale. Mais un matin, alors que je revenais des cours tout fatigué sur mon VTT, ma tutrice m'annonça mi-figue mi-raisin que Philibert l'aîné de la famille était passé par ici ce matin et partait pour le village.Il vivait à Po une autre ville.J'eu tout de suite froid au dos. Cependant, je voulais savoir s'il n'y avait pas de commission pour moi. Elle répliqua presque de façon inaudible: Votre frère du nom de Jean serait mort. Je suis resté interdit un moment puis me suis dit: Tu n'as peut-être pas bien compris. Je repassai l'écho de madame dans ma tête et realisai distinctement ce qui se passait. Jean, mon très bien aimé petit frère était mort. Je me suis mis tout de suite à prier pour lui de facon stoïque. Quelle merde de vie! Me suis-je écrié à moi-même.
Quelque temps après, ma tutrice me fit savoir qu'il aurait eu des maux de tête. Maux de tête? Serait-ce dû à un manque de médicaments? Je doutais fort.
Les temps passèrent avec les funérailles puis de nouvelles informations me disant que Jean a été la proie d'un de nos oncles. Incroyable ! mais poursuivons.
Aprés mon succés au BAC, je me rendis à Abidjan pour répondre à ma vocation. Quatre mois après, un télégramme m'annonçait le décès de Papa.Soit sept mois après celui de Jean. Les chaudes larmes passées, je me rendis au village auprès de la pauvre maman, pendant les vacances pour deux jours. Maman me racontera les faits qu'elle a vecu.
La mort de jean a été provoquée et notre oncle dont on me parlait être un démoniaque est l'auteur de tous ces drames. Papa et Maman défendaient à Jean d'aller chez ce monsieur. Il n'y était donc jamais allé.Un jour, l'oncle vint le menacer de n'être jamais venu lui rendre visite.Un autre jour, Jean faisait du banco pour construire sa case, parce qu'il se jugeait deja grand pour partager la maison avec les parents. Vers midi, il se leva et se rendit chez l'oncle.Revenu l'aprés-midi, il se plaindra de maux de tête.Le père alla lui trouver de l'aspirine. Mais cela n'y fit rien.Il transpira toute la nuit. Au petit matin alors que maman se rendait auprès de lui pour des soins, elle le ètrouva raide. Il n'était plus en vie. Maux de tête ou empoisonnement ?
Avant sa mort Papa est tombé malade. Il gonflait de toute part. Les médecins des lieux ont fait de leur mieux,rien. Cela durera plus d'un mois. Comme il sentait ses jours finir, il fit appeler Philibert l'aîné qui ne tardera pas à se rendre au village. Il exprima le désir d'emmener Papa à la capitale. Papa refusa en lui disant"Ne gaspille pas ton argent,tout est accompli. Je ne suis plus un être vivant parmi vous".Il n'hésitera pas à indiquer l'oncle. Puis il lui donna des conseils et des directives pour le gouvernement de la famille. Enfin il le conseilla de rentrer chez lui.Philibert s'en alla la même nuit. Mais le lendemain, il allait recevoir le coup de fil funèbre "Papa est mort".
Les funérailles auront lieu dans une tornade de querelles parce qu'un évènement honteux allait se passer. Les oncles étaient tous là ou presque tous là. L'oncle soupconné s'écria sous l'effet de l'alcool (car chez nous les funérailles sont une fête sombre) en invectivant Philibert de désormais lui envoyer les cadeaux maintenant que notre père est mort.Un de mes grands frères illettré, Alphonse, était sur le point de découper cet oncle avec sa machette. Mais la foule présente a eu raison de sa colère. Que faire ? Se venger ? Non.Même si ce monsieur a avoué ses crimes, nous lui laissons le temps de vivre et de constater qu'il n'est pas éternel. Il a avoué parce qu'il s'est rendu compte de la vanité de ses actes. La meilleure vengeance à mon humble avis, c'est de ne pas se venger.
Ne cherchez pas à comprendre le comment de ces crimes par des questions scientifiques. Car les réponses seront toujours mystérieuses dans un fond de faits concrets. Réels.
Est-ce que l'Afrique évoluera dans de tels contextes ou le fonctionnaire est traqué par mille et un regards ? Ou la jalousie s'exprime par des destructions mystérieuses?
badielcal@ifrance.com
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