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Révolution en couleur
Edito
L'Internet vient d'effectuer un retour à la case départ, mais en couleur. Les plus vieux films du web ont été colorisés et remis en ligne. A surfer aujourd'hui, l'internaute est immanquablement pris d'une impression de déjà-vu. Ca a le goût de l'internet d'il y a trois ans, ça dit la même chose que le net d'il y a trois ans mais ce n'est pas l'internet d'il y a trois ans. Qu'est-ce que c'est ? Ce sont les weblogueurs.
L'angoisse de la première page
Commençons par le commencement. Lorsqu'il arrive sur internet, l'un des premiers soucis de l'internaute est de faire savoir qu'il existe. Tout comme le nouveau né qui pleure, l'internaute aura tôt fait d'envoyer un courriel à son vieux camarade qui le harcèle depuis des semaines en lui disant que « ahlalala mon vieux, t'es toujours pas connecté à l'internet ? ». Il s'inscrira également à de nombreuses listes de diffusion afin de combler le cruel manque de courriel qui risque de le frapper dans les jours qui suivront. Ensuite, il créera tout naturellement sa page perso, s'imaginant aisément la moitié de l'internet toute prête à cliquer avec avidité sur la divine adresse de son tout nouveau site. Naïve jeunesse. Cette démarche aura donné à l'Internet certains de ses plus beaux monuments de l'inintérêt en ligne. Derrière des compteurs définitivement bloqués sur zéro se cachent encore des sommets du kitsch et le degré zéro de la créativité. Si si, cherchez bien. Ces pages ont toujours été créées avec peu de moyens, par des internautes débutants. En y prêtant quelque attention, il était d'ailleurs aisé pour l'oeil averti de déterminer l'âge internautique du papa ou de la maman de la page incriminée. Une gradation dans l'horreur servait de carnet de santé. Simplement, plus c'est moche, plus c'est jeune. Trouvez des tableaux avec bordure apparente, vous avez un ado du net. Des fonds de pages ignobles et lourds ? Vous venez de dégoter une jeune recrue du web. Des gifs animés et des liens qui pointent directement sur le disque dur de l'auteur ? Bravo ! Gageons que cette page est la première que l'artiste a publiée sur internet.
Le weblog sera le genre humain
Depuis quelques années, alors que les webmestres en herbe s'échinent à intégrer ce script maudit sur leur page d'accueil, les weblogs ont fait leur trou sur le web. Un weblog est un site web, comme son nom l'indique, qui logue, comme son nom l'indique tout autant. Tout bêtement, un weblog est un site qui, généralement, présente des informations à la queue-leu-leu. Son principal intérêt réside dans sa page d'accueil. On y trouve, par ordre chronologique ou par rubrique, des articles, des brèves ou tout ce que les responsables ou membres du site ont décidé de publier. Le tout est automatisé, intégré et généré par des programmes qui réduisent considérablement le volume de travail à fournir par le webmestre. Les archives, les classements thématiques, les petites boîtes à glisser un peu partout qui font des sommaires des dernières infos, tout cela est géré automatiquement par un programme qu'il suffit d'installer sur le site.
Certains de ces weblogs comptent aujourd'hui parmi les incontournables du web. Slashdot, par exemple, comptabilise plus de visiteurs par mois que Wanadoo ou Caramail. Nospoon ou Pssst ne sont pas en reste. Des grands sites classiques prirent le train en marche. Citons par exemple Wired, un grand journal de l'internet, qui a lancé Plastic, un weblog du plus pur cru. Cette montée en puissance des weblogs s'accompagne d'une démocratisation. Très majoritairement développées dans le monde du logiciel libre, les technologies des weblogs n'attendaient plus qu'une main charitable pour passer dans le domaine du grand public.
On commença par traduire les interfaces dans différentes langues, par rendre l'installation plus simple et documentée. Aujourd'hui, il existe des sites dédiés à l'utilisation et à l'installation de ces weblogs, citons seulement l'excellent http://nuke.davduf.net. Bien que ce ne soit pas aussi aisé que de publier une page HTML, la mise sur pied d'un weblog devient de plus en plus simple. Le quidam peut donc avoir sur son site perso le même outil de travail qu'un site qui fait plus d'audience que Wanadoo. Pour lancer Plastic, les responsables de Wired ont choisi Slashcode, moteur que chacun peut installer chez soi s'il le désire. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait certains.
Page perso II : elle revient, elle n'a toujours rien à dire
Que ce soit sous la forme d'un weblog ou d'un dérivé préparé pour l'utilisation à grande échelle, l'internaute lambda peut désormais mettre sur pied une page perso dont le design ou la technicité n'auront rien à envier aux sites professionnels. Ca ne loupe pas, cela donne des sites impeccables mais tout aussi inintéressants que ceux qui, trois ans plus tôt, nous laissaient deviner où se cachait la tante Hortense sur la photo du dernier repas de famille. Suspense assuré.
Signalons également ce journal intime sur lequel on peut apprendre que la damoiselle n'a plus de papier hygiénique. Saisissant. Mais, tout comme trois ans plus tôt, certains de ces sites regorgent de trouvailles, de poésie et de talent. Les pages persos ont bien vieilli.
Désormais, sur internet, que l'on fasse de l'alexandrin au kilomètre ou qu'on se masturbe l'ego, on le fait avec classe.
PeM icq - 50043368 pem@levillage.org
Pour en savoir plus
• Une page perso qui vaut le détour
Ne ratez pas le passage dans lequel la demoiselle explique qu'elle est tombée en panne de papier hygiénique
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http://www.livejournal.com/users/blythe/
• Autre exemple de page perso
En anglais, certes, mais tellement intéressant. A voir !
http://www.imericaonline.com/thinks/i_am
• Slashdot
LE weblog de référence. Egalement une excellente source d'infos.
http://www.slashdot.org
• Davduf.net
Tout pour installer simplement PHPNuke (un weblog) sur son site.
http://nuke.davduf.net
• Pour en savoir plus
Une chronique de Cybérie sur les weblogs. Des liens, des remarques. A lire.
http://www.cyberie.qc.ca/chronik/20001017.html
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