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L'Echo du Village - Accueil n°118 - 14 décembre 2000
Rubrique L'actu animée par Gollum


Conseils pour l'écriture d'articles
Tout pour bien débuter

Avant toute chose, si vous êtes pris d'un doute méthodologique ou stylistique, si votre petit(e)-ami(e) vous a quitté(e), si votre chat est malade, si vous avez perdu le numéro de téléphone de votre copain Gérard, ou plus simplement si vous avez besoin d'un plombier compétent, n'hésitez pas à écrire à sos.article@levillage.org qui vous renseignera.

Règles de construction :
Il y a deux parties principales : Titraille (Titre, sous-titre ou chapô et les intertitres), le corps du texte (dans lequel s'insèrent les intertitres)

Titraille : La titraille est une porte vers votre article. Elle se compose de différents niveaux de lecture.
Le titre : Il doit être court pour être efficace. Il vous faut donc concilier besoin d'efficacité (pas trop long) et clarté (donc pas trop court).
Il y a plusieurs types de titre : retenons-en deux les titres peuvent être incitatifs, ils poussent à la lecture (pas forcément racoleurs) : « Triste fin pour un chat...» ; il peuvent également être informatifs : «Un chat défait par une 405 Peugeot » (vos titres n'ont pas besoin d'être aussi crades)

Le sous-titre : Il est une extension indépendante du Titre. Il doit compléter ses informations, de telle sorte qu'un lecteur pourrait savoir de quoi va parler l'article dans ses grandes lignes sans avoir à lire l'article. Il ne faut pas oublier qu'un sous-titre est une phrase et une phrase seulement. Sa force est dans sa concision. Un sous-titre peut être incitatif, informatif, faire fonction de rappel (redonner une information passée pour éclairer la nouvelle information), etc., etc. « La mort du chat de Mme Michu : une 405 en cause ? »

Le chapô : Mis à part pour les articles de grande envergure, longs et complexes, il n'est pas nécessaire de mettre un sous-titre et un chapô. Ce n'est qu'une occasion de surcharger la titraille et c'est donc inutile et pire, nuisible. Le chapô est un ensemble de trois ou quatre lignes, pas plus. Plus long c'est un article trop court. Le chapô a les mêmes fonctions que le sous-titre, il permet juste puisqu'il est plus grand de travailler en profondeur le contexte, de donner les informations nécessaires à la compréhension de l'article. Le chapô est également et surtout une manière de résumé de l'information. Il dit les grandes lignes de ce que sera votre article. « Fifi, le chat de Mme Michu, a rencontré hier au soir son destin sous la forme d'une 405 roulant à vive allure. L'enquête est en cours »

Les intertitres : Pour commencer, remarquons qu'il ne faut pas commencer son article par des intertitres. L'intertitre est un moyen de poser l'oeil du lecteur à un endroit de l'article. C'est un point de repère, c'est une endroit où le lecteur pourra reprendre ou quitter sa lecture, etc. Un artcile long doit absolument être pourvu d'intertitres : pour aérer le texte, pour marquer la structure interne de l'article. Un intertitre est, pour simplifier, un « titre interne ». Ce qui veut dire qu'il reprend un passage du texte pour le mettre en exergue, ou qu'il résume ce qui va suivre en quelques mots. Toujours penser que le journaliste doit être efficace.
« Un chat adorable et casanier »
« Il est parti mon Fifi»
« A l'instant du désastre »
« La détresse de Mme Michu » etc., etc.

Notons que si ces consignes sont respectées la construction de votre article sera plus aisée. Et notons aussi que ceci est de la théorie pure. Il est parfois bienheureux de ne pas la respecter à la lettre, comme pour toute réglementation mais le mieux est de marcher « dans le droit chemin ».


Le corps du délit :
Nous y voilà, nous y sommes, ça y est, ouais ouais, chouette, chouette, réjouissons-nous, enfin c'est arrivé ! Vous avez trouvé un sujet, vous avez des informations (vérifiées), vous avez réussi à tout mettre en forme dans un zoli petit plan. Maintenant, faites chauffer la plume (sans le goudron), et mettez vous à la rédaction.
Le texte est composé de : l'attaque, de texte incluant des intertitres et d'une chute.
L'attaque est ce qui va faire entrer le lecteur dans votre article. L'attaque est l'illustration exacte du combat perpétuel entre vous, reporters, et les lecteurs, qui ne demandent pas mieux que d'aller courir dans les champs plutôt que de lire votre article :). Il faut donc que vous séduisiez, sans racoler toujours. Comment fait-on une attaque ? Il n'y a pas de modèle d'attaque tout prêt, cependant, il y a quelques petits trucs : une attaque en forme de citation (ou de citation détournée, il faut cependant toujours que l'on puisse reconnaître l'originale) : dans le cas de Mme Michu par exemple : « Un seul être vous manque et une litière est dépeuplée ! » ; un chiffre : « 300 chats écrasés chaque jour dans d'atroces souffrances... » ; une phrase impliquant le lecteur, une interpellation, une injonction : « Et votre chat, ça roule ?! », « Cessons le massacre ! », etc., etc.. Bref, bref, il y en a encore beaucoup, il est évident que le choix se fait selon le ton que l'on veut donner à l'article et le contexte.... C'est une question de compréhension de votre objectif en tant que reporter.


L'article dans toute sa nudité
Votre texte est réductible à son minimum, des phrases. Ses phrases doivent être correctement orthographiées. N'hésitez donc pas à relire votre article posément en corrigeant d'éventuelles fautes de frappes ou de conjugaisons ou d'accords ou toute autre méchanceté qu'engendre la langue française. Certains n'utilisent même pas le correcteur orthographique, commis d'Office. Ensuite, pour qu'une phrase soit agréable ou plus simplement bien construite, il faut user de la ponctuation. La ponctuation éclaire le sens, elle pose le regard et le souffle, elle indique à quoi se rattachent les différents groupes grammaticaux qui composent votre article. Cela évite donc les malentendus et rend plus clair, sur le fond, l'information transmise. Utilisez donc les virgules à bon escient. Prêtez particulièrement attention aux points virgules, faites-y le moins possible appel, car ils ont tendance à entraîner la construction de phrases compliquées et longues. Ensuite, et c'est un mal de l'internaute, évitez les points de suspension à tout bout de champ. Clore une phrase, de manière indiscutable, par un point donne plus de poids à vos dires que de laisser cette même phrase en suspens. Pensez-y. Gardez également en mémoire que les points d'exclamation sont là pour s'exclamer et non pas pour tenter de donner du relief à une phrase creuse et bancale. En mettre un trentaine à la suite ne sert à rien, cela ne change pas les choses, à part pour le relecteur qui n'aura plus qu'à les supprimer. Au passage. Les points d'exclamation et d'interrogation vont par un ou par trois. Pas par deux. Merci.

De toute manière, le style journalistique, sans être pauvre, doit être concis. La formule rêvée est sujet + verbe + complément(s). Bien sûr, faire des phrases de ce genre est un peu tristounet mais tellement efficace dans la plupart des cas.

Conseils en vrac
D'un point de vue stylistique, il faut éviter l'usage - abusif - du participe présent (et du gérondif) : prenant, dansant, en apprenant etc., qui alourdit vos constructions de phrase. Dans la même veine, tentez de supprimer les adverbes en -ment : proprement, virtuellement, etc.. En tout cas, n'en mettez pas plus d'un par phrase, toujours pour éviter la lourdeur du style et puis un style lourd nuit à la compréhension de l'information.
Par exemple : En tout cas, inévitablement, n'en mettez naturellement pas plus d'un par phrase, toujours pour éviter indubitablement la lourdeur du style et puis, conséquemment, un style lourd nuit à la compréhension de l'information.
Les adverbes, c'est beau, mais c'est lourd à digérer.
Notez au passage l'emploi de tournures démonstratives dans la phrase précédente. Les fameux « c'est »... Les « c'est » trahissent sinon un style lourd du moins une certaine paresse. Il y a toujours une manière de faire autre. Vous pouvez toujours contourner la formulation pour ne pas répéter sempiternellement, irrévocablement, perpétuellement, continuellement « c'est ». Etonnant, non ?! Pourtant, il ne faut pas bannir pour autant les « c'est », soyons mesurés.
Pendant qu'on vous a sous la main : parlons des « etc. » ou « et caetera ». Comme pour boire ou conduire, il faut choisir entre etc. et les points de suspension. Ces deux outils de raccourcissement ont le même rôle, il n'est donc pas utile de faire double emploi. Et puis, etc. est une abréviation donc on met un point après : « etc. » Et on clôt la phrase ensuite « etc.. » Voilà.
Oh puis, vu qu'on en est là, continuons.
Un article n'est pas une rédaction. Ce ne sont pas vos vacances à la plage ou à la montagne. C'est un point de vue, le vôtre qui se doit de s'effacer (pas complètement) devant une information ou un ensemble d'informations à transmettre. Vous pouvez parler de tout ce que vous voulez mais attention, ne le faites pas à la première personne du singulier ou du pluriel. Vous n'existez plus, il faut que l'information arrive au lecteur présentée de manière factuelle. Les faits d'abord. Précisons que cela ne veut pas dire pour autant que vous devez supprimer toute humanité de votre article. Il faut justement que vous trouviez l'équilibre entre les deux. C'est là que réside le défi qui fera, si vous le relevez et réussissez, que votre lecteur lira et appréciera. Donc, pas de « Je » et présentez les faits de manière claire et construite.
Comment construire votre article. En répondant aux fameuses questions évoquées dans des lettres précédentes de la rédaction : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Avec quelles conséquences ?
Ces questions sont les éléments basiques auxquels il faut répondre pour avoir une chance de faire un tour complet de l'information traitée. Selon les cas, l'ordre de traitement de ces questions est différent.


L'habillage
Le texte nu a besoin, pour ne pas prendre froid et ne pas laisser le lecteur froid, d'un habillage. Dans le cas de l'Écho du Village, il s'agit d'une ou de plusieurs images. Vos images, d'un point de vue technique, ne doivent pas excéder les 400 pixels de large pour 150 pixels de haut. Si elles sont plus larges elles gêneront la mise en page de votre article ; il y aura alors risque de retard dans la diffusion de votre article.
Les images, qu'elles soient de vous ou non doivent porter leur source. C'est-à-dire leur origine. Indiquez qui est le photographe ou si celui est inconnu, inscrivez le nom du site ou livre d'où l'illustration est tirée. Il y a ensuite un autre point. Comme il vient d'être dit, l'image est une illustration, elle est donc là pour illustrer un propos, un de vos dires, une de vos informations. L'image parle généralement d'elle-même, cependant, afin d'éviter tout risque et également par respect pour le lecteur, afin que celui-ci sache exactement ce que vous vouliez lui montrer, utilisez une légende. Une légende est une petite phrase. Elle peut être un extrait de votre article ou une citation d'une personne dont le témoignage est mentionné dans vos écrits. Elle peut également être spécialement rédigée pour emplir son rôle.
Une fois de plus, il faut connaître le ton que vous utilisez dans le reste de votre article pour définir le ton et le style de la photographie et également de sa légende. N'oubliez pas qu'une bonne légende donne un poids considérable à votre image et donc à vos propos. Pour cela, évitez les légendes qui n'ont rien à voir avec la choucroute... et ne décrivez pas l'image pour autant.
Rappelons brièvement que pour chaque image utilisée, il vous faut l'autorisation de son propriétaire, que si vous tirez votre illustration d'un site web, il vous faudra lui demander une autorisation, etc., etc..

Ces conseils ne sont pas exhaustifs, il y a en a beaucoup d'autres à venir sans aucun doute, mais une fois ceux-ci respectés, vous verrez par vous mêmes votre travail s'améliorer sensiblement. Il est toujours agréable de se dire que l'on travaille pour se perfectionner et pour le plaisir des autres.

Captain Conseil
Dépositaire officiel des conseils
"Des conseils de qualité depuis 1864"


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